Comment mettre en place le « Compte-épargne temps universel », comme promis par Emmanuel Macron ?

Compte-épargne temps universel

Comment mettre en place le « Compte-épargne temps universel », comme promis par Emmanuel Macron ?

1532 1016 Cabinet Farout

Les chantiers du quinquennat, épisode 5 – Pendant la campagne, Emmanuel Macron a expliqué vouloir rendre universel le Compte-épargne temps. Un dispositif qui serait disponible pour tous les travailleurs, dans toutes les entreprises, durant toute sa carrière. Comment le mettre en place ?

Comme l’a dit Emmanuel Macron le 17 mars, le Compte-épargne temps (CET) « c’est ce qui vous permet d’engranger des jours de congés que vous avez pas pris, vos RTT que vous n’avez pas utilisées. » C’est un dispositif qui permet de stocker les jours de congés (ou droits à congés rémunérés) que vous n’avez pas pu prendre, vos RTT que vous pouvez mettre de côté pour plus tard (voire dans certains cas vous les faire monétiser).

Problème, il est aujourd’hui réservé aux fonctionnaires et à certains salariés seulement lorsqu’un accord d’entreprise ou de branche le prévoit. Le président de la République entend donc généraliser le dispositif à tous les salariés, le rendre universel, « afin que chaque Français puisse décider tout au long de sa vie de consacrer du temps à des projets personnels”. Un changement qui passera par un « dialogue social« , assure le chef de l’Etat.

Du temps à disposition

« La CFDT parle d’un Compte-épargne temps universel depuis un petit moment. C’est l’idée que, durant sa carrière, on puisse avoir des temps à disposition pour un projet personnel, pour être auprès de ses proches, pour se reconvertir, avoir un projet associatif collectif, ou même prendre du temps libre. Que le temps de travail puisse être modulé à certains moments de sa carrière, parce qu’on peut en avoir et l’aspiration et le besoin« , détaille le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

Ce qui est nouveau, poursuit-il, « c’est que le fait que le compte épargne temps soit disponible pour tous les travailleurs, dans toutes les entreprises et qu’il soit effectivement transférable, c’est-à-dire qu’on puisse avoir ce droit qui nous suit lorsqu’on change d’emploi et qui soit mobilisable -dans des conditions qui resteront à définir- facilement lorsqu’on en a besoin, sans qu’il y ait de multiples refus de la part de l’employeur. » Tous les salariés qui, dans la réforme voulue par le président, pourraient conserver leurs jours de congés, même en changeant d’employeur.

Aujourd’hui, le rendre universel réparerait non seulement une injustice aux yeux du syndicaliste, mais serait aussi une mesure en accord avec la société : « Je crois qu’il y a une aspiration aujourd’hui, et on l’a vu avec la crise sanitaire, à articuler différemment le temps personnel et le temps professionnel. »

« Il y aura beaucoup de négociations à avoir avec les employeurs »

La CFDT voudrait que, dès la première embauche, cinq jours de congé soient mis d’entrée à disposition du salarié par l’employeur pour abonder son CET dès le début de sa carrière, ce qui ne sera pas simple à mettre en place. Quid également des TPE, les très petites entreprises, où voir un employé poser deux mois de congé d’un coup pourrait vite tourner au casse-tête pour le patron ?

« On peut le faire, il faut le construire. Il y a une partie de choix politique qu’il faut faire en le créant, en créant les conditions pour que ça se mette en place. Et en plus ensuite, il y aura beaucoup de négociations à avoir avec les employeurs pour regarder les conditions de mobilisation et les conditions d’abondement. Mais on ne peut pas se satisfaire d’avoir un dispositif qui satisfasse les salariés mais que ça concerne que très peu de salariés, et les autres tant pis pour eux« , assure Laurent Berger.

Source : France Inter

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